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Renée Toussaint, philosophe, Chemin de Vie

le 5 mars 2010

L'avortement aujourd'hui, en 2010

2. Chiffres de la Commission belge d'évaluation
de la loi dépénalisant l'avortement

Dépénalisé, l’avortement est passé dans les mœurs. Il est devenu quelque chose de normal. Il est même bien souvent considéré comme un moyen de « contraception » parmi d’autres, au grand dam, d’ailleurs, de ces médecins qui militaient pour la dépénalisation de l’avortement en étant convaincus que les progrès de la contraception feraient bien vite diminuer le nombre d’avortements.
Ce qui n’est pas le cas, bien au contraire, puisque, comme l’attestent les chiffres officiels de la Commission belge d’évaluation de la loi dépénalisant l’interruption de grossesse votée le 13 août 1990, le nombre d’avortements ne cesse d’augmenter, en particulier chez les toutes jeunes filles.

Pendant les premières années qui ont suivi le vote de la loi Lallemand-Michielsen, le nombre d’avortements, en Belgique, semble stable.
Selon les chiffres officiels de la Commission : 1993 : 13.474, 1998 : 13.582, 1999 : 13.937, 2000 : 13.762.

Puis les chiffres se mettent à augmenter : 14.775 en 2001, 17.867 en 2005, 18.201 en 2006,  18.705 en 2007.

http://www.rtbf.be/info/le-legislateur-invite-a-reflechir-au-delai-legal-davortement-73272

En 2007, il y a eu 18 705 avortements en Belgique soit 838 de plus qu'en 2005 (17.867), date de référence du dernier rapport remis au Sénat. En 2006, ce nombre était de 18 201.
Ces chiffres ne tiennent pas compte du nombre de femmes domiciliées à l'étranger (314 en 2007) mais intègrent le nombre de femmes belges et luxembourgeoises qui ont fait pratiquer un avortement aux Pays-Bas (851).
La Commission souligne que plus de 25% des avortements ont lieu à Bruxelles, la Région qui connaît le taux de chômage le plus élevé du pays. Evoquant la crise, la Commission en appelle à mieux cibler le travail de prévention, notamment en prenant en compte des données relatives à la situation socio-économique des femmes concernées. Elle se félicite à cet égard du dépôt d'une proposition de loi déposée par Patrik Vankrunkelsven (Open Vld) et Christine Defraigne (MR). (Belga)

L’avortement est passé dans les mœurs, et l’année 2001, qui voit les chiffres augmenter, apparaît comme une année-charnière : inscrite dans notre mode de vie comme quelque chose de banal, l’IVG ne pose plus question. C’est sans doute pour ça que plus personne ne vient chez nous.
Est-ce à dire qu’il ne pose plus problème ?

On constate en tout cas que des médecins, qui pratiquaient pourtant déjà l’avortement avant sa dépénalisation, se sentent aujourd’hui plus mal à l’aise face à l’IVG pour « convenance personnelle » que face à l’IMG qui, parce qu’elle est pratiquée pour des raisons médicales, leur paraît plus légitime.

Que l’avortement continue à poser problème, bien des médecins le constatent aussi chez nombre de leurs patientes venant les consulter pour des troubles de toutes sortes, physiologiques et psychologiques, plongeant leurs racines dans la souffrance refoulée d’une interruption volontaire de grossesse transformée en névrose.
C’est ce qu’on appelle le « syndrome » ou le « traumatisme post-avortement ».

 

lire aussi

1. Le cadre juridique belge

2... ci-dessus

3. Découverte du traumatisme post-avortement

4. Le cadre juridique français

5. L'enquête de Sabine Faivre dans les hôpitaux français (2002)

5-1. L'IVG du côté des travailleurs sociaux

5-2. L'IVG du côté de l'équipe médicale

5-3. L'IVG vue par les psy

6. L'avortement médicamenteux

7. Le vécu de l'avortement

8. Témoignage

9. L'avortement et l'Europe

10. La naissance du Chemin de Vie dix jours après la loi