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Renée Toussaint, philosophe, Chemin de Vie

le 5 mars 2010

L'avortement aujourd'hui, en 2010

6. L'avortement médicamenteux

Au début, la RU 486 était réservée à l’hôpital.
En 2004, il est accessible chez les gynécologues et certains généralistes.
En 2007, la ministre française de la santé, Roselyne Bachelot, émet le souhait que certains planning familiaux puissent délivrer cette pilule.
Ce qui est chose faite depuis 2009.
Et on va bientôt pouvoir avorter chez soi comme l’indique cet article paru dans L’Express ce 7 février 2010 :

L’Express, le 7 février 2010
http://www.lexpress.fr/actualite/societe/l-ivg-a-domicile_489017.html

Bientôt disponible en pharmacie, la pilule RU 486 devrait devenir une véritable alternative à l'avortement chirurgical
Avorter chez soi: la loi du 7 juillet 2001 prévoyait déjà cette possibilité. La décision, longtemps repoussée, est en passe de devenir une réalité. Les arrêtés autorisant cette pratique attendent la signature du ministre de la Santé, Philippe Douste-Blazy. Le RU 486 - appelé aussi pilule abortive - va quitter le giron de l'hôpital. Et sera bientôt disponible dans les pharmacies. Les médecins et les gynécologues de ville qui le souhaitent pourront alors pratiquer des interruptions volontaires de grossesse (IVG).
Ce dispositif ouvre aux femmes, pour la première fois, la possibilité de choisir le moment et le lieu de leur IVG. Cette mesure risque d'ouvrir à nouveau un débat vieux de trente ans. «Je suis pour qu'on laisse ce choix à toutes les femmes», affirme le découvreur du RU 486, le Pr Etienne-Emile Baulieu, président de l'Académie des sciences. Les ligues antiavortement, quant à elles, s'opposent à cette mesure. «Nous sommes clairement hostiles à tout ce qui pourrait faciliter l'IVG, et donc à la diffusion du RU 486 en ville», affirme Christophe Hervé, de l'association Laissez-les vivre.
220 000 avortements sont pratiqués chaque année en France. Ce chiffre ne diminue pas depuis une dizaine d'années. C'est un constat d'échec de notre système de santé face à un enjeu humain et sanitaire. Deux méthodes sont actuellement utilisées: la chirurgie classique ou la pilule abortive, introduite en France en 1988. La première, qui consiste à aspirer l'ouf dans l'utérus de la patiente au moyen d'une canule, est plus invasive et traumatisante. Elle représente encore 70% des IVG et se pratique le plus souvent sous anesthésie générale dans des centres spécialisés, qui ne peuvent plus aujourd'hui répondre à la demande. La seconde utilise les propriétés antihormones du RU 486, qui provoque le décollement de l'oeuf de la paroi utérine et favorise son expulsion. D'un point de vue strictement médical, les deux sont sûres et efficaces, mais la seconde est plébiscitée par les femmes. Selon un sondage cité par l'Agence nationale d'accréditation et d'évaluation en santé (Anaes) dans son étude sur la prise en charge de l'IVG jusqu'à quatorze semaines, 87% des femmes choisiraient le RU 486 par rapport à la méthode classique.
Manque de moyens, de personnel: en France, l'avortement reste aujourd'hui une activité mal rémunérée et considérée comme dévalorisante par les médecins. Elle est pratiquée à perte par les hôpitaux et les cliniques. A l'approche de l'été, les centres d'IVG sont systématiquement engorgés. Situation cruelle et paradoxale où de nombreuses patientes enceintes ayant accompli tôt les démarches en vue d'une IVG voient leurs rendez-vous repoussés sine die, car d'autres femmes sont, elles, proches de la date couperet. L'allongement du délai maximum autorisé pour l'intervention, de la dixième à la douzième semaine de grossesse, n'y a rien changé. «En août, l'attente est de trois semaines dans les grandes villes et de deux semaines partout ailleurs», déplore le Dr Elisabeth Aubeny, gynécologue et ex-présidente de la Fédération internationale des associés professionnels de l'avortement et de la contraception. «Une fois la décision prise, l'attente est insupportable», ajoute-t-elle. Avec le RU 486 en pharmacie, la donne peut changer.
Pour autant, l'avortement médicamenteux en ville ne peut se concevoir sans un accompagnement psychologique et médical. C'est pourquoi «la prise en charge par le médecin se fera sur la base d'un forfait de quatre consultations», rassure Maïté Albagly, présidente du Mouvement français pour le planning familial. Dans un premier temps, la patiente sollicitera un praticien de ville spécialement conventionné. Passé un temps de réflexion de quelques jours, la décision d'avorter ou non sera prise. Si le choix du médecin et de la patiente se porte sur une IVG médicamenteuse, celle-ci se déroulera en deux étapes. Trois comprimés de RU 486 provoquent l'interruption de la grossesse. Un second médicament, appelé misoprostol, pris dans les quarante-huit heures suivantes, favorise l'expulsion de l'oeuf. Qui se déroulera quelques heures après, au domicile de la patiente. Mieux vaut alors ne pas être seule. Cette phase est douloureuse et peut, dans quelques rares cas, provoquer des saignements intenses. La présence et le soutien du mari ou de l'entourage sont alors essentiels. En l'absence de proches, le médecin peut être amené à déconseiller l'IVG à domicile. D'autres conditions doivent être remplies: être enceinte depuis moins de cinq semaines, habiter à moins d'une heure du centre de soins référent et pouvoir être joignable par téléphone. La dernière visite de contrôle aura lieu quatorze jours après. L'avortement à domicile par le RU 486 apparaît comme un moindre mal. « Il se pratique déjà aux Etats-Unis, avec des résultats très positifs », rassure Elisabeth Aubeny.
Une IVG médicamenteuse n'est pas et ne sera jamais anodine. Mais elle est aujourd'hui reconnue comme un droit inaliénable. Une femme désirant avorter ne doit plus être la victime d'un système imparfait. Autoriser le RU 486 en ville et l'IVG à domicile permettra peut-être d'éviter que 5 000 femmes ne partent tous les ans aux Pays-Bas ou en Espagne à leurs propres frais pour exercer ce droit.

En Belgique, l’arrêté royal du 7 mai 2000, qui détermine les conditions de délivrance de la RU 486, stipule que l’avortement médicamenteux peut être pratiqué jusqu’à 56 jours de retard des règles.
En France, le délai est de 49 jours (7 semaines de grossesse), mais cela va changer : 2 semaines de plus.
On peut aussi, depuis quelques années déjà, l’acheter sur internet et faire ça toute seule, chez soi, toute seule, en grand silence.

 

Citons aussi

la pilule du lendemain

qui doit être prise dans les 5 jours parce que sa finalité est d’empêcher l’implantation de l’œuf fécondé dans la cavité utérine.
La ministre française de la santé présente l’IVG médicamenteuse comme un droit inaliénable, et son autorisation à domicile comme une bonne chose.
D’où la distribution, gratuite, dans les écoles, aux jeunes filles mineures, et à l’insu de leurs parents.


Qu’en pensent les infirmières ?
Qu’en pensent les médecins ?

 

lire la suite

1. Le cadre juridique belge

2. Chiffres de la Commission belge d'évaluation

3. Découverte du traumatisme post-avortement

4. Le cadre juridique français

5. L'enquête de Sabine Faivre dans les hôpitaux français (2002)

5-1. L'IVG du côté des travailleurs sociaux

5-2. L'IVG du côté de l'équipe médicale

5-3. L'IVG vue par les psy

6... ci-dessus

7. Le vécu de l'avortement

8. Témoignage

9. L'avortement et l'Europe

10. La naissance du Chemin de Vie dix jours après la loi