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Renée Toussaint, philosophe, Chemin de Vie

le 5 mars 2010

L'avortement aujourd'hui, en 2010

9. L'IVG et l'Europe

Nous avons beaucoup parlé de ce qui se passe en France.

N’oublions cependant pas que nous faisons partie d’une Europe qui, en vertu d’une certaine idée de l’égalité, tend, et de plus en plus, à uniformiser les législations sociales. Par le biais du Parlement Européen, nous risquons donc de nous retrouver très bientôt soumis, nous aussi, en Belgique, à une loi de type Aubry. Ce qui répondrait d’ailleurs aux revendications de ces féministes belges qui, nous l’avons vu, trouvent la loi Lallemand-Michielsen trop restrictive, trop encadrée, paternaliste, infantilisante et humiliante pour les femmes.

Les choses semblent d’ailleurs se mettre en place au niveau de l’Europe, comme le montre ce vote qui a eu lieu au Parlement Européen, à l’initiative du député européen de nationalité belge (PS) Marc Tarabella, ce 10 février 2010, c’est-à-dire le jour même de cette conférence.

http://leblogdejeannesmits.blogspot.com/2010/02/parlement-europeen-adoption-du-rapport.html
11 février, 2010

Parlement européen : adoption du rapport Tarabella pour un « accès aisé à l'avortement»

Le rapport du socialiste belge Marc Tarabella sur l'égalité hommes-femmes, qui inclut la recommandation d'assurer un « accès aisé à l'avortement» au sein de l'UE, a été adopté mercredi à une confortable majorité par 381 voix pour, 253 voix contre et 31 abstentions. Le texte fait progresser l'idée selon laquelle le « droit à l'avortement » fait partie de la « santé sexuelle et reproductive » que les partisans de l'avortement tentent d'imposer dans le droit international.
Tarabella, qui ne s'attendait pas à un vote positif, s'est dit « surpris et fier », ajoutant qu'une partie de la « droite » conservatrice au Parlement européen a manifestement voté, contre son attente, pour le rapport dans son intégralité.
Le rapport définit ainsi la « santé sexuelle et reproductive » dans ses « considérants » :
« par santé sexuelle et reproductive, on entend le bien-être général, tant physique que mental et social, de la personne humaine, pour tout ce qui concerne l'appareil génital, ses fonctions et son fonctionnement, et non pas seulement l'absence de maladies ou d'infirmités, et considérant que la reconnaissance de l'autonomie physique et sexuelle totale des femmes est une condition sine qua non de toute bonne politique en matière de droits à la santé sexuelle et reproductive, ainsi que des politiques de lutte contre la violence à l'égard des femmes. »
Il « insiste » en ces termes : « sur le fait que les femmes doivent avoir le contrôle de leurs droits sexuels et reproductifs, notamment grâce à un accès aisé à la contraception et à l'avortement; insiste sur le fait que les femmes doivent avoir accès gratuitement à des consultations sur l'avortement; soutient par conséquent, comme dans sa résolution précitée du 3 septembre 2008, les mesures et actions visant à améliorer l'accès des femmes aux services de santé sexuelle et reproductive et à mieux les informer de leurs droits et des services disponibles; invite les États membres et la Commission à mettre en œuvre des mesures et des actions poursensibiliser les hommes quant à leurs responsabilités sur les questions sexuelles et reproductives. »

pour le rapport complet, cf.
http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?type=REPORT&reference=A7-2010-0004&language=FR

*****

http://www.ps.be/Source/PageContent.aspx?ParentID=884&MenID=22499&EntID=1
12/02/2010

Marc Tarabella : "C'est une victoire historique"

Marc Tarabella, Député européen, vient de remporter une vraie victoire progressiste grâce à l'adoption au Parlement européen de son rapport sur l'égalité entre les femmes et les hommes dans l'Union européenne. 

- Marc Tarabella, le Parlement européen vient d’adopter avec une confortable majorité votre rapport sur l’égalité entre les femmes et les hommes dans l’Union européenne, pouvez-vous nous résumer les points forts de ce rapport ?
- Marc Tarabella : C’est une victoire historique qu’il convient de mettre en exergue parce que la confortable majorité n’était pas attendue, c’est la 1ère fois que cela arrive sur un rapport aussi controversé.
La question de droits sexuels et reproductifs a fait le plus débat. Les Députés ont adopté mon rapport qui souligne que «les femmes doivent avoir le contrôle de leurs droits sexuels et reproductifs, notamment grâce à un accès aisé à la contraception et à l'avortement». C’est un grand moment dans l’histoire de l’affirmation des droits à la santé sexuelle et reproductive, parce que le Parlement européen n’avait plus voté un tel texte depuis 2002.

- Votre rapport insiste également sur le droit des femmes à disposer de leur corps, que voulez-vous dire exactement ?
- Marc Tarabella : Je veux dire que, trop souvent, on refuse aux femmes le droit de faire ce qu’elles veulent de leur corps. Cela concerne la façon dont elles s’habillent, la contraception, l’avortement, la grossesse et la sexualité. […] Je considère que chaque femme doit pouvoir décider elle-même de tomber enceinte, de mener une grossesse jusqu’à son terme ou non. Il s'agit d'un droit fondamental pour lequel des milliers de femmes se sont battues et se battent encore en Europe, souvent au péril de leur vie. Je n'accepterai jamais aucune remise en cause de ce droit.
La victoire de cette semaine montre que la grande majorité des Députés européens partage mon opinion, et j’en suis particulièrement satisfait, parce que ce n’était pas gagné d’avance. Depuis 2002, la majorité conservatrice avait toujours réussi à supprimer toute référence à l’avortement légal au sein de l’Union européenne. Mais cette fois-ci, nous avons gagné et nous pouvons enfin reparler de l’avortement dans l’UE. C’est un grand pas pour le droit des femmes.

Autre point fort : la lutte contre la violence envers les femmes.
Le Parlement européen a soutenu ma proposition de créer une année européenne dédiée à la lutte contre la violence envers les femmes et de demander à la Commission européenne de proposer une directive sur la prévention et la lutte contre toutes les formes de violence à l'égard des femmes, notamment la traite des femmes.

 

La libre Belgique, le 2 mars 2010

Vigilance 20 ans après la loi

Le 3 avril 1990, le Parlement belge votait la loi dépénalisant partiellement l'avortement. Vingt ans plus tard, la Fédération laïque des centres de planning familial, la Fédération des centres de planning familial des Femmes prévoyantes socialistes (FPS) et le Centre d'action laïque veulent marquer le coup et fêter l'anniversaire de cette loi "qui répondait à un problème grave de santé publique et d'inégalité sociale en permettant l'accès légal à l'avortement à toute femme présente sur son territoire".

Depuis avril 1990; toute femme enceinte en situation de détresse a le droit de demander une interruption volontaire de grossesse (IVG). l'avortement peut être pratiqué jusqu'à la 12e semiaine de grossesse, dans un hôpital ou un centre extra-hospitalier.

Les trois associations ont décidé de s'associer pour lancer une campagne de sensibilisation "pour que toutes les femmes aient enfin le choix". Un projet "féministe et laïque" soutenu par l'Université des femmes et la Gacehpa (Groupe d'action des centres extra-hospitaliers pratiquant l'avortement). Concrètement, des dépliants sont diffusés - depuis lundi 1er mars - sur tout le territoire de la Communauté française pour rappeler le contexte historique qui a permis à la loi belge sur l'interruption volontaire de grossesse d'exister et sensibiliser aux menaces qui pèsent aujourd'hui, selon les trois associations : difficulté de trouver des médecins (généralistes ou gynécologues) pour pratiquer les avortements; volonté de certains de légiférer pour donner un statut juridique au foetus; influence croissante des lobbys religieux au Parlement européen" (An.H.)

 

lire aussi

1. Le cadre juridique belge

2. Chiffres de la Commission belge d'évaluation

3. Découverte du traumatisme post-avortement

4. Le cadre juridique français

5. L'enquête de Sabine Faivre dans les hôpitaux français (2002)

5-1. L'IVG du côté des travailleurs sociaux

5-2. L'IVG du côté de l'équipe médicale

5-3. L'IVG vue par les psy

6. L'avortement médicamenteux

7. Le vécu de l'avortement

8. Témoignage

9... ci-dessus

10. La naissance du Chemin de Vie dix jours après la loi